Le Recul du fusil

Le Recul du Fusil, tome 1, par Jean-Sébastien Bordas.

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Avoir 20 ans, à Paris, en 1936

Fernand Tormes, jeune paysan provençal, monte à la capitale pour y poursuivre des études de médecine grâce à l’aide prodiguée par une riche famille bienveillante.

Il découvre le Paris du Front Populaire, en proie à la crise économique et à la montée de l’extrémisme. Il rencontre aussi les belles Solange, Violette et Jeannette, de mauvais garçons, et se fait des copains parmi les activistes politiques. La guerre civile fait rage chez le voisin ibérique, quelques jeunes gens pleins d’idéaux sont tentés de rejoindre les Brigades Internationales. Fernand, lui, ne souhaite rien d’autre que croquer la vie à belles dents. Mais son insouciance pourrait bien lui valoir quelques leçons amères.

 

56 pages en couleurs.

 

 

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L’auteur, qui avait adapté pour Delcourt une nouvelle de Guy de Maupassant, Dr Heraclius Gloss, emprunte ici un chemin plus personnel en s’inspirant directement de la vie de ses grands parents, l’un étant effectivement un paysan provençal, et l’autre ayant des origines espagnoles. 

 


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 Vous allez découvrir son style d’écriture, plein de charme et de vivacité d’esprit, qui donne naissance à des séquences pleines de verves, et à des personnages qui ont une sacrée personnalité ! J.-S. Bordas sait parfaitement restituer le naturel dans ses dialogues, mais avec ce petit plus qui fait l’authenticité. L’extrait qui suit met en scène deux amis d’enfance, Fernand, le héros et son vieux copain, André, peu après leur installation dans la sulfureuse capitale qu’est Paris. Inutile de vous dire qu’ils comptent bien profiter de tous ses attraits !

 

(Fernand) — “On va au bal ce soir ?

 

(André) — Non, ce soir, je vois Pauline.

— LA Pauline ?

— LA Pauline.

— Je pourrais pas voir une fille que je rêve et qui veut pas de moi…

— C’est pas vraiment perdu avec elle… C’est surtout qu’elle tient à son indépendance. Mais on s’entend tellement bien ! Je vais pas tout balancer parce qu’on n’est pas amants. On est presque un couple, tu sais.

— Ouais, bin il manque quelque chose quand même.

— Elle cèdera. Avec le temps qu’on passe ensemble, les sentiments viendront et elle cèdera.

— Si vous parlez trop, vous vous connaîtrez. L’amour résiste pas à ça. L’amour, c’est l’inconnu chez l’autre, que notre cerveau remplace par du sublime pour ne pas avoir peur de laisser notre corps se reproduire avec l’objet de son désir.

— Dis donc, ça me manquait, tes théories à la con. Tu peux répéter ?”

 

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Son dessin nous offre la même vibration : corps efflanqués aux gestes déliés qui traduisent l’appétit de vivre et les sens perpétuellement en alerte. Comme une attente, chez tous ses personnages, pour capter au maximum ce qui peut encore l’être avant que tout bascule, que ce soit l’enthousiasme de la jeunesse ou son innocence. La guerre est si proche…

Pour lire un autre extrait ici .