la Garden Party

La Garden Party

Par Thierry Bouüaert

Laura et ses sœurs se voient confier par leur mère l’organisation de la garden-party annuelle, très prisée par leurs amis, qui prend traditionnellement place dans les somptueuses roseraies du château familial. Il faut commander les fleurs qui agrémenteront les parterres et les tables, déterminer la place de l’orchestre, choisir les partitions pour les musiciens, ordonner le menu du buffet, prévoir leurs propres tenues de soirée… Le ciel est magnifique, les fleurs épanouies et la douceur de l’air idéal : on ne peut rêver plus parfaite occasion !

 

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Mais l’adolescente est à un âge où tous les sens sont en éveil et le caractère incertain. Laura est sur le point de vivre un moment intime et définitif, celui de la candeur qui devient impossible. Dans la fraction de cette seconde universelle, l’adolescente se trouve soudainement confrontée à la fragilité de l’existence et à l’éternel recommencement de la destinée.

  voir la bande annonce réalisée par l’auteur

 

À contre-pied des récits d’aventure, celui-ci décrit un tout petit moment, intime mais définitif, la seconde d’un basculement très subtilement décrit : la perte de la candeur. Il est une ode aux détails qui révèlent, par leur accumulation, la faille sociale universelle. Dans un effet de loupe et avec lenteur, l’auteur nous pousse à nous souvenir de nos premiers émois devant l’injustice, devant le clivage social, sur notre façon de le vivre et de le porter.

 

L’auteur transpose, à l’époque actuelle précise de la crise financière d’octobre 2008, une nouvelle de Katherine Mansfield intitulée “The Garden Party”, — publiée pour la première fois en 1922. Cette écrivaine néo-zélandaise, dont Virginia Woolf elle-même jalousait le don, portait un regard très affûté sur les rapports sociaux, sur les rapports de classes qu’on ne peut jamais vraiment mettre de côté. Toujours d’actualité…

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