L’Épervier : une nouvelle aventure pour son créateur.


10 07 2008

Patrice Pellerin a rejoint le jeune label Quadrants au sein de MC Productions, aux côtés de Soleil. Il nous explique ici le motif de ce changement d’éditeur.

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Patrice, peux-tu nous expliquer le pourquoi du comment de ton arrivée, qui nous fait très plaisir d’ailleurs, dans la petite famille de Quadrants ?

En fait, c’est assez simple, mon passage de Dupuis à Soleil s’est fait naturellement avec le départ des personnes avec qui j’aimais travailler. Il y a eu d’abord le départ forcé de Claude Gendrot avec qui je travaillais depuis 16 ans, puis la démission de Corinne Bertrand à sa suite, et j’ai décidé de l’accompagner.
Je travaillais avec elle depuis 4 ans et elle s’était occupée notamment des Archives Secrètes de l’Epervier, un album spécial fait de textes et d’illustrations. Pour ce genre de bouquin assez long et compliqué à concevoir, le soutien et la participation active de l’éditeur sont très importants, et nous nous étions très bien entendus.
C’est donc par fidélité aux gens avec qui j’aimais travailler que j’ai fait le choix de quitter Dupuis, d’autant plus qu’il n’y avait plus là-bas, à l’époque, que des personnes avec qui je n’avais pas d’affinités particulières.
Mon arrivée à Soleil a finalement été synonyme de mon arrivée chez Quadrants, puisque c’est ce label que Corinne a pris en charge.

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Est-ce que cela a changé quelque chose pour toi dans ta façon de travailler sur l’Epervier ?

Pas du tout, j’ai pu garder tous mes repères.
Corinne est toujours là, or mon éditeur est mon seul et unique lecteur quand je travaille sur un album. Quand on est auteur, et à plus forte raison quand on est auteur complet, du scénario à la mise en couleur en passant par le dessin, il est important d’avoir un retour constructif. Mais j’aime avoir un seul avis, car sinon, tous les avis seraient de toute façon différents. Le plus important pour moi est donc de pouvoir travailler avec une personne de confiance, avec qui je suis à l’aise.
La maquettiste qui s’occupe de mes albums n’a pas changé non plus, puisque Anne Fraisse, avec qui je m’entendais très bien chez Dupuis, a elle aussi rejoint Quadrants.
Et puis la réalisation du premier Rendez-vous de l’Epervier, paru en juin, m’a permis d’apprendre à mieux connaître mon nouvel éditeur, plutôt que de travailler directement sur la parution de l’album. J’ai beaucoup apprécié que Soleil s’engage tout de suite sur ces Rendez-vous, et toute l’équipe de la fabrication s’est vraiment impliquée. C’était agréable de pouvoir bénéficier de cette souplesse et de cette réactivité, et puis de voir l’intérêt des gens pour faire quelque chose d’un peu différent !

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Les Rendez-vous de l’Epervier sont pour toi un « plus » important pour la série ?

C’est vrai que ce n’est pas courant, et je trouve cela très intéressant pour deux raisons.
Ça me permet d’abord de parler de tout le travail que j’effectue autour de la série, et qui n’est pas forcément évident quand on la lit. C’est mon côté un peu pédagogue ; mais la pédagogie, ça ne passe pas très bien dans un album. Et puis en tant que lecteur, j’aime beaucoup savoir comment les auteurs travaillent, alors pourquoi ne pas proposer ce petit « plus » à mes fans !

La deuxième raison c’est que ces fascicules me permettent d’approfondir certains points historiques que je ne peux pas développer dans l’album, par manque de place et de temps, mais aussi parce que tous mes lecteurs ne seraient peut être pas intéressés.

L’important est de parvenir à transmettre sa passion et son plaisir, et ces Rendez-vous me permettent de le faire mieux encore que l’album.

En tout cas, c’est une logique qui correspond bien à la collection Quadrants, avec les cahiers supplémentaires de 8 pages à la fin de chaque album.

C’est vrai que l’Epervier y a tout à fait sa place. Ce n’était pas une volonté particulière de ma part, et la présence de l’Epervier chez Quadrants est liée à celle de Corinne, mais j’aime bien le décalage, et cette collection est justement un peu à part. Chez Dupuis, déjà, j’étais un peu en décalé par rapport aux autres titres, parce que l’historique n’était pas forcément le style le plus répandu. Ici, à Soleil, je suis à côté d’une multitude de titres très Heroïc Fantasy, ça me convient très bien. J’aime la variété et je suis ravi de faire partie des titres avec lesquels MC étend son catalogue.

p06 Pour en revenir au contenu, comment parviens-tu à garder l’équilibre entre aventure feuilletonesque et réalité historique ? ça ne doit pas être toujours facile !

C’est vrai que c’est un peu la difficulté de l’exercice. Mais en pratique, je me laisse souvent guider par mes envies. J’écris parfois le scénario en fonction de ce que j’ai envie de dessiner, et parfois, au contraire, je me piège moi-même en écrivant des choses très compliquées à dessiner par la suite. C’est le cas avec Versailles sur ce nouvel album ! Je privilégie donc scénario ou dessin selon les moments, et puis je garde un certain nombre de constantes, comme le côté maritime et la Bretagne, par exemple. J’aime bien ensuite y apporter des nouveautés (Versailles et le Québec pour ce nouveau cycle en l’occurrence). Il sera un peu plus orienté « polar » si on veut, avec de l’espionnage, et j’ai travaillé pour la première fois avec des personnages historiques réels (le roi notamment). Tout cela fait parfois un peu ralentir mon rythme de travail, mais ça permet aussi de se surprendre soi-même, et ça vaut vraiment le coup !

(propos recueillis par Delphine Maraninchi).


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